Agenda 21 Carene, l’abstention des élus écologistes
Agenda 21 CARENE
Conseil communautaire du 22 mars 2011
Intervention de Bernard GARNIER (groupe Europe Ecologie – Les Verts)
Le point de vue des élus écologistes est quelque peu ambivalent. Pour résumer, nous pourrions dire : « en progrès mais peut mieux faire. »
« En progrès » car nous sommes satisfaits de voir que la CARENE s’engage enfin dans la construction d’un Agenda21.
Nous disons bien « construction » car nous considérons le document qui nous est présenté comme une première étape. En 2 mots, nous devrions « mieux faire » en allant au-delà d’un catalogue de bonnes intentions.
Pour nous, un Agenda 21, comme son nom l’indique, c’est agenda pour le 21ème siècle, une méthode d’action et de prospection qui inscrit notre politique dans les enjeux fondamentaux du 21ème siècle : enjeux économiques, sociaux, environnementaux, géopolitiques.
L’impression que nous laisse la présentation de ces travaux, c’est qu’il s’agit plus d’un recueil d’actions déjà engagées. Que l’on nous comprenne bien, nous savons apprécier la qualité des actions mises en œuvre pour l’habitat, l’aménagement du territoire, le développement économique ou les grands services publics.
A ce propos, nous tenons à féliciter les services qui ont réalisé un travail impressionnant de recueil des différentes actions mise en œuvre.
Alors vous allez me dire : que manque-t-il pour qualifier d’Agenda 21 ce très gros travail ?
Nous répondrons simplement en nous appuyant sur l’avis réservé du Conseil de développement qui résume son analyse en ces termes :
« Ce projet est plus proche d’un inventaire que d’un Agenda 21 local au sens de la déclaration de Rio et du cadre de référence national. »
Que dit ce document de référence national : « le développement durable correspond avant tout à un processus : véritable changement culturel, il implique au sein de la collectivité (…) de nouvelles méthodes de travail, plus collectives, plus transversales et la mise en place d’une nouvelle organisation qui rende possible la coproduction (…) »
Le Conseil de développement « recommande donc à la CARENE de poursuivre et d’enrichir sa démarche dans le cadre d’un travail plus partagé avec les habitants et la société civile, plus ambitieux, plus prospectif et plus transversal. »
L’essentiel est dit. Il y a eu un gros travail de recueil des actions engagées, mais la méthode employée ne correspond pas à celle que nous aurions souhaitée, à ce que nous avions proposé :
En effet, le travail effectué s’apparente plus à un bilan institutionnel, alors qu’il aurait fallu élaborer un diagnostic partagé avec l’ensemble des acteurs locaux (citoyens, associations, entreprises, administrations, …)
car c’est bien en confrontant les différents points de vue, les expériences des uns et des autres que l’on peut construire une vision commune du développement durable de notre territoire,
l’objectif visé n’est pas 2014 mais les 30, 40 ans qui sont devant nous.
tout cela demande du temps, de la pédagogie, de l’écoute, de la formation pour les personnels directement impliqués car il s’agit de favoriser l’appropriation des enjeux du développement par les acteurs du territoire
Contrairement à ce qui est mentionné dans la délibération, nous estimons que la démarche de concertation a été réduite à sa plus simple expression dans le temps et les moyens pris malgré quelques initiatives prises ici et là comme quelques réunions publiques d’information ou la Boita Watt.
Les fiches d’action (chapitre 3) mettent bien en lumière certaines insuffisances. On perçoit mal la nature des différentes fiches : celles qui résument ce qui a été fait et celles qui présentent ce qui reste à faire.
Autre exemple, certaines fiches sont très bien renseignées comme celles concernant le développement économique sans pour autant que l’on comprenne toujours bien la dimension Développement Durable de certaines d’entre elles.
En revanche, d’autres fiches d’action exposent de bonnes intentions mais sans précision suffisante sur le calendrier, le coût et le portage financier, les indicateurs. Cela se remarque surtout sur les fiches qui portent plus sur des actions à caractère environnemental (enjeu 3) ou celles générant la « coproduction du DD partagé et exemplaire » (enjeu 4)
Pour conclure, je ne voudrais pas que l’on se méprenne sur nos intentions : c’est parce que nous sommes extrêmement attachés à la démarche Agenda 21 que nous formulons ces remarques. Nous avons toujours tenu le même discours et ce n’est pas l’actualité immédiate en France ou plus loin au Japon qui dicte notre prise de position de ce jour (je préfère le préciser des fois que …)
Vous ne serez donc pas étonnés que nous nous abstiendrons sur la délibération qui nous est proposée.
Cela ne nous empêchera pas de participer à une deuxième étape du travail qui mettrait davantage l’accent sur la concertation et la co-construction. Le lancement du Plan Climat Energie Territorial peut constituer une bonne occasion.
Je vous remercie d votre attention.