Intervention d’Arlette MOUSSEAU

Conseil municipal 31 janvier 2014

Intervention d’Arlette MOUSSEAU

au dernier Conseil Municipal de Saint-Nazaire du Mandat 2008 – 2014

 

De ces 19 années passées dans cette assemblée, je veux retenir ce soir ce qui a été le plus marquant pour moi.

3 mandats en tant qu’élue de quartiers dont 2 avec une responsabilité d’adjointe.

Qu’on l’appelle démocratie participative, de proximité ou autres, la question de la participation des habitants est pour les défenseurs de l’écologie politique un des piliers du développement durable, complémentaire de la démocratie représentative qu’elle enrichit.

Donner la parole aux citoyens de ces quartiers et les « représenter » a toujours été mon souci. Etre à l’écoute de leurs vies, leurs préoccupations, leurs difficultés, faire émerger leurs besoins, leurs attentes, soutenir leurs initiatives, individuelles et collectives, aide à comprendre et à mieux répondre.

Je suis profondément convaincue que pour intéresser ou ré-intéresser les habitants au débat politique, l’échelon local est le plus pertinent. Il permet de rester en contact avec la réalité, de tricoter inlassablement les liens avec les habitants, d’entendre leur volonté d’être de plus en plus acteurs de la chose publique, de proposer des outils adaptés, sans instrumentalisation ni démagogie.

Aussi, lorsqu’en 2001, vous avez souhaité M. le Maire, nommer un adjoint pour les quartiers ouest, qui selon votre formule de l’époque «  vivaient mal », j’ai dit chiche. Nous n’imaginions pas encore les bouleversements qu’allait connaître ce territoire

Accompagner le projet Ville Ouest a été une formidable aventure, très enrichissante et je veux saluer l’implication continue et sans compter de tous ceux et celles avec qui j’ai pu travailler, à l’ADDRN, dans les services de la ville, à Silène, les acteurs de terrain. Impossible de les nommer tous. Ce fut une véritable école de la participation citoyenne.

Certes, la convention avec l’ANRU n’a pas été concertée avec les habitants, mais leur regard a largement contribué au diagnostic préalable. Et c’est bien à leur demande qu’au lieu des 2 annoncées ce sont les 4 tours de la Chesnaie qui ont été déconstruites. Un tel projet impacte lourdement et pendant une longue durée le quotidien des habitants : déconstruction, réhabilitation, aménagements lourds des espaces publics, création d’équipements publics, constructions neuves. Qu’enfants et adolescents aient une place sur l’espace public dans les quartiers a été une préoccupation constante. Un tel projet ne peut être admis, compris, partagé sans une concertation réelle et une information précise. Il a fallu mobiliser tous les partenaires de terrain, et je veux tous les saluer parce d’emblée ils ont adhéré au projet. Et tout particulièrement les équipes enseignantes sur les 2 écoles. Combien d’heures de réunions avec les habitants, les partenaires, pour écouter, partager, pour évoquer la nostalgie des années passées mais pour se projeter aussi vers l’avenir.

Tout n’a pas été facile. Des situations difficiles demeurent. Certains se sont peu intéressés à l’évolution de leur quartier. Mais j’ai retenu le formidable élan de beaucoup de gens pour construire une image valorisée de leur immeuble, de leur quartier et donc d’eux-mêmes. Bien que trop souvent on l’ignore, j’ai retenu combien les personnes les plus en difficultés sont en capacité de réfléchir, proposer, formuler des attentes lorsqu’il s’agit de leur quotidien, pour peu que les modes participatifs se passent dans la confiance et la transparence. J’ai retenu aussi l’implication de résidents, étrangers non européens qui n’ont toujours pas le droit de vote aux élections locales malgré les promesses électorales répétées depuis 1981. Ils ne doivent plus être des sous citoyens alors qu’ils s’impliquent dans la ville.

En 2008, avec la création des conseils de quartier, s’est engagée la construction d’un outil participatif que nous appelions de nos vœux depuis longtemps, même si ce n’est pas la seule manière de concerter. J’ai beaucoup regretté que faute de légitimité je ne puisse mener à bien la tâche de coordination que vous m’aviez confiée, M. le Maire.

Quelques années plus tard, je veux dire le bonheur de voir combien les habitants qui se sont lancés dans l’aventure nous sont reconnaissants de l’avoir permise. Beaucoup me le témoignent y compris les plus critiques. Ils se disent engagés pour faire davantage « la ville ensemble ». Merci à tous ceux et celles dans nos services qui ont accompagné cette mise en œuvre et participer à la faire vivre.

Même les plus sceptiques d’entre nous, au départ, conviennent aujourd’hui qu’il n’y pas à craindre de l’implication citoyenne. Un regret toutefois, celui de n’avoir pas su intéresser les plus jeunes, mais les suivants sauront avancer là-dessus dans les mois à venir.

Globalement la concertation s’est faite sur de nombreux projets au-delà des conseils de quartier, notre groupe EELV minoritaire au sein de la majorité a subi amèrement durant ces dernières années une organisation qui ne nous a pas permis le travail en transversalité ou les échanges que nous jugeons indispensables à un travail collectif, et qui nous a mis à l’écart de certaines prises de décisions.

La diversité d’une équipe est une richesse qui se nourrit de débats, mais aussi de confrontations quelques fois rudes, de coups de colère. Avec ses moments de doute et de lassitude, quelquefois, de ne pas être compris, soutenus.

Mais le chemin parcouru ensemble fait aussi découvrir derrière des postures, des sensibilités, des qualités humaines. On s’apprivoise.

Pendant toutes ces années, nous nous sommes inscrits dans des choix politiques clairs pour notre ville : la sauvegarde du secteur public, la politique audacieuse de logement, les politiques de solidarités, la politique éducative, de développement de la ville dans tous ses aspects… difficile de tout citer

Durant ce dernier mandat particulièrement les investissements réalisés : sur le patrimoine scolaire, le Théâtre, l’aménagement du front de mer pour ne citer que les plus visibles ont fortement contribué au mieux vivre à St-Nazaire. Et malgré les désaccords dont je parlais tout à l’heure, il y a une certaine fierté à avoir participé à cette aventure-là !

Je mesure combien ces années ont été une formidable expérience dans ma vie d’engagements déjà bien longue. J’ai appris beaucoup auprès de ceux avec qui j’ai pu travailler.

Ma décision était prise depuis longtemps et je quitte cette assemblée avec sérénité et une longue, très longue liste de choses à faire.

Ce soir c’est aussi ton dernier CM Joël, très cordialement merci et bon vent à toi.

Ceux qui nous succéderont amorceront une ère nouvelle, de nouveaux défis à relever, avec de l’enthousiasme et du travail au service des nazairiens, j’en suis certaine.

 

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